St Vincent sur Graon

La commune devrait plutôt s'appeler "Saint-Vivent sur Graon. En effet Vivent, étranger au Poitou, serait venu au IV siècle, avec Benoît d'Aizenay. Tous deux auraient eu l'autorisation de Saint-Hilaire de Poitiers d'évangéliser une partie de son diocèse. Il aurait d'abord séjourné à Sigournay, puis Chaillés sous-les Ormeaux et à L'Ile d'Olonne, où il aurait rencontré Saint-Martin de Vertou. Plus tard, Saint-Hilaire lui aurait assigné comme résidence Gravion (St-Vincent-sur-Graon) où il serait mort solitaire, à la fin du IV siècle, à l'âge de 120 ans.
 
 
Moyen âge - XVIII éme siècle.
 
Deux prieurés sont connus, l'un dépendait du chapitre de Luçon, l'autre de Saint-Sauveur de Marigny, de l'abbaye de Saint-Jean d'Orbestier, jusqu'au XVII éme siècle, puis du séminaire de Luçon au XVIII éme siècle.
 
Le bourg est construit sur un ancien oppidum Gaulois, il est cité en 1007, faisant parti du Curzonnais, les premiers seigneurs du lieu étaient les "AUBERT" .On en trouve également au 16 et 17 éme siècles, André AUBERT seigneur de Rorthay et de Malescote, sénéchal de Talmont, ses descendants sont maintenus nobles par Colbert en 1667, Jonas AUBERT seigneur de Bois-Garnault, Louis AUBERT seigneur de Montigny.
 
 
Les rives du Graon furent habitées par les Celtes, comme elles le furent plus tard par les Romains. Leur souvenir est encore aujourd'hui conservé dans quelques noms échappés au marteau du temps qui a presque tout détruit. Nous mentionnerons la PIERRE BLANCHE, la FOLIE, le PRÉ DES FOLIES, le CHAMP DES DAMES. Aux CHAMPS DOULLENS, dont le nom rappelle l'existence, en ce lieu, d'une bourgade celtique. On a trouvé plusieurs vases gaulois remplis d'ossements calcinés. On y a trouvé aussi une aiguille en os et une monnaie d'or de petit module, concave d'un côté, sur laquelle se distinguait à peine la forme d'un cheval : cette pièce paraissait avoir été frappée 450 ans avant Jésus-Christ.
 
Le nom du tènement de PETIT FEU DE LA TUANDIERE; dont l'altitude est de 70 mètres et la distance de la mer de 15 km, évoque l'existence, sur ce point d'une sorte de phare destiné à guider les navigateurs gallo-romains.
 
L'ancien castel de Boiselou, dont il ne reste que quelques débris , avait ses salles de refuge dans l'intérieur du sol : on les disait hantées par les fadets, dont la principale occupation, dit la légende était de garder les troupeaux.
 
Les sorciers tenaient, autrefois, le sabbat à la Michelière, et les garaches visitent encore souvent les hameaux de Saint-Vincent. Une d'elles parut, pendant l'année 1862, sous la forme d'une chèvre, à la Bergerie ; personne n'osa la troubler dans ses pénitences nocturne.(Abbé Baudry, année 1863, p. 88).
 
 
La chapelle de Sainte-Catherine-des-Aires, située dans le village de ce nom, distant du bourg de 6 kilomètres et dont il ne restait plus qu'un mur démoli il y a quelques années, évoque aussi un passé lointain. Le village est divisé en huit ou neuf quartiers qui portent des noms différents : ceux de la Garde et du Rocher rappellent des souvenirs druidiques : ceux de Bourg-Neuf et des Aires indiquent des générations plus récentes.
 
 
Le prieuré, placé sur la lisière d'une forêt, est sans doute celui du Luc, Luco. parce qu'il y avait là un bois sacré, et, en second lieu parce que la maison est contiguë à la chapelle nommée le Garde. Or, on sait que le Garde et les Lucs se rencontrent presque toujours ensemble. Cette maison, qui faisait partie du prieuré, avec celle dite de la Chapelle, a conservé sa cheminée à corbelets du XVe siècle, surmontée d'une plate-bande et de sommiers d'un seul morceau, ayant pour couronnement une corniche ornée de moulures.
 
Non loin de l'ancien château féodal de Malescot, dont nous parlons plus loin, se trouve la Tonnelle, dont le nom évoque en ce lieu la présence d'un poste d'observation remontant au moins au IVe siècle de l'ère chrétienne.
 
 
Saint-Vincent-sur-Graon,construit sur un ancien oppidum gaulois, est cité par Besly das un document de l'an 1007 ; il faisait alors partie du Curzonnais. Une charte de l'abbaye de Bois-Grolland de 1247, mentionne également l'existence de cette localité qui, en 1472, possédait un prieuré donnant d'assez gros revenus au chapitre de la cathédrale de Luçon. Au XVIIe siècle, Saint-Vincent possédait encore le prieuré de Saint-Unissant-sur-Grois, annexé à la mense du chapitre de Luçon , et celui de Saint-Sauveur-de-Marigny, relevant de l'abbaye de Saint-Jean-d'Orbestier.
 
 
Une famille Aubert posséda longtemps Saint-Vincent-sur-Graon. Un Aubert, André, écuyer seigneur de Rorthay et de Malescote, fils d'André et de Marie Bellineau, fut sénéchal de Talmont et mourut en 1570, agé de 60 ans. Il eu deux enfants, François et Louise, morts sans postérité.
 
 
Aubert François, écuyer, seigneur de Malescote, épousa Jeanne Lambert, dont il eut : 1° François, écuyer, seigneur de Malescote, qui eut un fils et une fille décédés sans postérité ; 2° Jonas, écuyer, seigneur de Saint-Vincent-sur-Graon qui, maintenu noble en 1667, épousa, le 25 novembre 1627, Marie Apvril, veuve de Pierre Roy, fille de Mathurin et de Louise Myniet, dont il eut : 1°Louis et Françoise, qui assiste au mariage de son frère, en 1650. Louis Aubert, écuyer, seigneur de Montigny, la Poitevinière, épousa : 1° le 11 juillet 1650, Renée Amoureux, fille de Marc, écuyer, seigneur de Vernusson, et de Rose de Montauzier ; 2° Angelique Marin. Il eut du premier lit: Françoise-Angélique, mariée le 28 septembre 1699, à Charles-Antoine de Ramberge, écuyer, seigneur de Bois Lambert.
 
 
Lorsque, sous LOUIS XIV, Colbert de Croissy et de Barentin vinrent en Poitou, pour réviser les titres nobiliaires que beaucoup de riches personnages s'octroyaient sans droit, Saint-Vincent-sur-Graon comptait, sur son territoire, plusieurs familles dont les noms figurent sur la liste imprimée en 1667, des nobles de la généralité de Poitiers, qui avaient obtenu confirmation de leur noblesse.
 
Aubert Jonas, seigneur de Saint-Vincent-sur-Graon --Aubert Géron, seigneur de Bois-Garnault, maintenus nobles par sentence du 12 août 1661 , délivrée le 29 mars 1667.
 
Aubert Louis, seigneur de Montigny. De Boussay Charles, seigneur de la Fretière. Il était bien noble, et n' a laissé qu'une fille mariée à Beslay.De La Dive Charles, seigneur de la Reboute, maintenu noble, 9 août 1667.
 
Dans un acte de 1711, maître Jacques Bardin, habitant la paroisse de Saint-Vincent-sur-Graon, figure comme sieur de la Vergnay. Dans un acte du 16 août 1719, il est dit que ce jour, avait été inhumé dans le nouveau cimetière de Saint-Vincent-sur-Graon, dame Catherine Kerveno, veuve en secondes noces de messire Charles Mathieu de Chièvre, seigneur de Malcote, à l'âge de 85 ans.
 
 
7 janvier 1678, mariage dans l'église du Champ-Saint-Père, de Anne-Louise, née le dimanche dernier, fille de haut et puissant Pierre de la Haye-Montbault, seigneur de Gast, et de Anne Petit, de la Guerche-Saint-Amand, de la paroisse de Saint-Vincent-surGraon.
 
Au moment de la Révolution, la paroisse de Saint-Vincent-sur-Graon possédait de nombreux fiefs ou maisons nobles, dont les juridictions étaient plus ou moins éloignées les unes des autres.Beauchêne, M V, La Chevalerie, Malecote, Mainroger, La Thibaudière, avaient pour fief dominant Saint-Vincent-sur-Graon, qui relevait lui-même de Brandois, ainsi que la Poitevinière, la maison noble de La Gaudinière et la Rochette. La Fretière avait pour fief dominant La Gerbaudière, et le Tablier et la Guérinière, La Mothe-Freslon. La Barre, situé à la limite de Saint-Vincent-sur-Graon et de Chaillé-les-Ormeaux, fut aussi une maison noble, habitée par Bodin Jacques, à la fin du XVIe et au commencement du XVIIe siècle. Le 21 février 1601, il connait une quittance à Jean Grolleau, habitant la Gormetière. Il avait épousé Éléonore Claveau qui, le 12 janvier 1621, était veuve et tutrice de leurs enfants mineurs, dont l'un, Théophile, fut aussi seigneur de Saint-Sornin.
 
Un Boussay Charles, seigneur de la Fretière, est ainsi mentionné dans le Catalogue annoté des gentilshommes de la généralité de Poitiers, imprimé en 1667."Est mort et n' a laissé qu'une fille ; il était bien noble ; elle est mariée."
D'un contrat passé le 10 juillet 1744, devant les notaires de la baronnie de Luçon, il résulte que le sieur Grimaud, maistre-chirurgien à Luçon, s'engageait à prendre comme apprenti dans sa maison et sous certaines conditions relatées dans le corps de l'acte, Louis Blanchard, fils de feu Mathurin Banchard, maitre-chirurgien, et de Françoise Erodeau, demeurant au bourg de Saint-Vincent-sur-Graon.
 
 
Le curé constitutionnel de Saint-Vincent-sur-Graon "abjurant les erreurs propagées pour le malheur de l'espèce humaine, et employées à corrompre, par le poison du fanatisme, les tristes victimes qu'elles ont faites", écrivait au Conseil général du district des Sables :
Saint-Vincent-sur-Graon,20 frimaire,an IIe de la République française (10 décembre 1793).
 
Citoyens,
Les sentiments que j'ai toujours manifestés ont dû faire juger à ceux qui me connaissent, que je ne suis nullement partisan de la superstition, du fanatisme. Je n'ai point besoin d'abjurer des erreurs qui ont fait tant de victimes et de dupes, puisqu'elles n'ont jamais trouvé place dans mon cœur.